Par la rédaction de Dubai Tax Resident · Dernière vérification : octobre 2026
L’exit tax (impôt de sortie) est un impôt que votre pays d’origine prélève sur des plus-values que vous n’avez pas encore réalisées, du seul fait que vous cessez d’être son résident fiscal. En Europe, il vise principalement les parts de société et les portefeuilles de placements. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et, depuis 2026, la Belgique appliquent tous une forme d’exit tax aux particuliers. Le Royaume-Uni, la Finlande, la Suède et l’Italie n’en ont pas de générale, mais recourent à d’autres règles pour continuer à imposer ceux qui partent. Les EAU, eux, ne prélèvent aucun impôt de sortie.
Si vous détenez une société ou un portefeuille d’actions conséquent, l’exit tax peut être le coût le plus important de votre installation à Dubaï. Ce guide explique son fonctionnement, compare les principaux pays européens et indique ce qu’il faut vérifier avant de partir.
Points clés
- Ce qui est imposé : les plus-values latentes, surtout sur actions et fonds, comme si vous les aviez vendus le jour du départ
- Qui est concerné : généralement les résidents de longue date détenant des participations importantes
- UE ou hors UE : partir aux EAU offre souvent moins d’options de sursis qu’un départ au sein de l’UE
- Pays avec exit tax : Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Danemark
- Pas d’exit tax générale, mais d’autres règles : Royaume-Uni, Finlande, Suède, Italie
- EAU : ni exit tax ni impôt sur les plus-values pour les particuliers
Comment fonctionne une exit tax ?
Lorsque vous renoncez à votre résidence fiscale, votre pays d’origine perd le droit d’imposer les cessions futures de vos actifs. Pour protéger ses droits sur les plus-values constituées pendant que vous y viviez, il vous traite comme si vous aviez vendu certains actifs le jour de votre départ. L’impôt est calculé sur la différence entre la valeur de marché au départ et votre prix de revient initial. Si la société elle-même doit rester en place, examinez séparément les conséquences du fait de conserver une société européenne pendant que son dirigeant vit à Dubaï.
Comme aucune somme n’est réellement encaissée, la plupart des pays proposent une forme de sursis de paiement ou d’échelonnement. Ces dispositifs sont généralement favorables pour les départs au sein de l’UE ou de l’EEE, et bien plus stricts pour les départs vers des pays tiers comme les EAU, où le pays d’origine peut exiger des garanties, un représentant local ou un paiement immédiat.
L’exit tax pays par pays
Allemagne
L’exit tax allemande (Wegzugsbesteuerung, article 6 de la loi sur la fiscalité des relations avec l’étranger, Außensteuergesetz) s’applique si vous détenez au moins 1 % d’une société de capitaux, en Allemagne ou à l’étranger, et avez été pleinement résident fiscal en Allemagne pendant au moins sept des douze dernières années. La plus-value est imposée selon la méthode du revenu partiel (Teileinkünfteverfahren) : 60 % de son montant sont imposables à votre taux personnel. Depuis 2022, l’impôt peut être payé en sept annuités, généralement contre garantie, que vous partiez dans l’UE ou en dehors. L’Allemagne prévoit aussi une obligation fiscale limitée étendue pour les citoyens allemands qui s’installent dans un pays à fiscalité faible tout en conservant des intérêts économiques importants en Allemagne. Des informations officielles sont disponibles auprès du Bundeszentralamt für Steuern (BZSt) et du ministère fédéral des Finances.
France
L’exit tax française (article 167 bis du Code général des impôts) s’applique si vous avez été résident fiscal en France pendant au moins six des dix dernières années et détenez des titres d’une valeur totale d’au moins 800 000 euros, ou au moins 50 % des bénéfices d’une société. Les plus-values latentes sont imposées au prélèvement forfaitaire unique (PFU), porté à 31,4 % à partir de 2026, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le sursis de paiement est automatique pour un départ vers un pays de l’UE ou de l’EEE, ou vers un pays lié à la France par des conventions appropriées d’assistance administrative et de recouvrement. Pour les autres destinations, vous pouvez devoir demander le sursis et constituer des garanties. L’impôt est dégrevé si vous conservez les titres deux ans après votre départ, ou cinq ans pour les participations supérieures à 2,57 millions d’euros. Consultez impots.gouv.fr pour les indications à jour.
Pays-Bas
Lorsque vous quittez les Pays-Bas, l’administration fiscale émet une imposition conservatoire (conserverende aanslag) sur toute participation substantielle, c’est-à-dire d’au moins 5 % d’une société, ainsi que sur les droits à pension et à rente. Vous ne payez pas immédiatement, mais l’impôt devient exigible si vous cédez les titres ou percevez certaines distributions. Pour les départs postérieurs au 15 septembre 2015, l’imposition conservatoire sur une participation substantielle n’expire plus au bout de dix ans. Les détails sont publiés par la Belastingdienst.
Belgique
La Belgique a instauré un impôt sur les plus-values des actifs financiers à compter du 1er janvier 2026, au taux général de 10 %. Quitter la Belgique est désormais traité comme une réalisation présumée des plus-values latentes sur actions, fonds, obligations, cryptoactifs et actifs similaires, les plus-values constituées avant 2026 restant toutefois protégées. Le paiement peut être automatiquement différé pour un départ vers un pays remplissant des conditions d’échange d’informations et d’assistance au recouvrement, et la créance s’éteint si les actifs ne sont pas vendus dans les 24 mois. Il convient de vérifier au cas par cas auprès du SPF Finances si un départ vers les EAU remplit ces conditions.
Autriche
L’Autriche impose les réserves latentes des actifs financiers, comme les actions et les parts de fonds, en cas de départ à l’étranger, au taux spécial des revenus de capitaux de 27,5 %. Le paiement échelonné est principalement possible pour les départs au sein de l’UE ou de l’EEE. Pour les départs vers des pays tiers comme les EAU, l’impôt est en général exigible immédiatement : le choix du calendrier est donc important.
Danemark
Le Danemark applique une exit tax aux plus-values latentes sur actions lorsque vos participations ont une valeur de marché totale d’au moins 100 000 DKK et que vous avez été pleinement assujetti à l’impôt au Danemark pendant au moins sept ans au total avant votre départ. L’impôt peut être différé sans intérêts, mais vous devez déclarer vos participations chaque année, et les dividendes, les cessions et certains prêts consentis par la société déclenchent des paiements sur le montant différé. En cas de départ hors de l’UE et des pays nordiques, par exemple vers les EAU, vous devez constituer une garantie pour le montant différé.
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni n’a pas d’exit tax pour les particuliers. Ce sont les règles de non-résidence temporaire qui s’appliquent : si vous êtes non-résident pendant cinq ans ou moins, certaines plus-values et certains revenus réalisés à l’étranger peuvent être imposés à votre retour. Votre statut de résident est déterminé par le Statutory Residence Test. Consultez GOV.UK pour les indications de HMRC.
Finlande
La Finlande n’a pas d’exit tax pour les particuliers. Toutefois, un citoyen finlandais reste résident fiscal l’année de son départ et les trois années suivantes, sauf s’il démontre qu’il n’a plus de liens essentiels avec la Finlande. Consultez l’administration fiscale finlandaise.
Suède
La Suède n’a pas d’exit tax générale, mais deux règles ont un effet comparable. Si vous avez vécu en Suède au moins dix ans, vous pouvez rester résident fiscal pendant cinq ans après votre départ si vous conservez un lien essentiel. En outre, les plus-values sur actions suédoises cédées dans les dix ans suivant le départ peuvent encore être imposées en Suède, selon la convention fiscale applicable.
Italie
L’exit tax italienne s’applique aux actifs professionnels lorsqu’une entreprise ou une société transfère son siège à l’étranger, et non aux participations privées des particuliers. Les particuliers doivent s’inscrire au registre AIRE, et les citoyens italiens qui s’installent dans certaines juridictions à fiscalité faible peuvent se voir opposer une présomption de résidence en Italie jusqu’à preuve du contraire.
Tableau comparatif
| Pays | Exit tax pour les particuliers | Principal déclencheur | Sursis pour un départ aux EAU |
|---|---|---|---|
| Allemagne | Oui | Participation de 1 %, 7 années de résidence sur 12 | 7 annuités, généralement avec garantie |
| France | Oui | Titres de 800 000 euros ou plus ou participation de 50 %, 6 années sur 10 | Sur demande, garanties parfois exigées |
| Pays-Bas | Oui (imposition conservatoire) | Participation substantielle de 5 %, droits à pension | Différé jusqu’à la cession ou la distribution |
| Belgique | Oui, depuis 2026 | Plus-values latentes sur actifs financiers | Selon les conditions conventionnelles |
| Autriche | Oui | Réserves latentes des actifs financiers | Généralement immédiat |
| Danemark | Oui | Actions dès 100 000 DKK ; 7 ans d’assujettissement | Sursis sans intérêts ; garantie requise hors UE/pays nordiques |
| Royaume-Uni | Non | Règles de non-résidence temporaire | Sans objet |
| Finlande | Non | Règle des trois ans pour les citoyens | Sans objet |
| Suède | Non | Règles des cinq et dix ans | Sans objet |
| Italie | Actifs professionnels uniquement | Présomption de résidence pour certaines destinations | Sans objet |
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Ce qu’il faut vérifier avant de partir
- Cartographiez vos actifs. Listez participations, fonds, droits à pension et cryptoactifs, avec leurs prix de revient et leurs valeurs actuelles.
- Vérifiez les seuils. De nombreuses exit taxes ne s’appliquent qu’au-delà d’une certaine taille de participation ou après un nombre minimal d’années de résidence.
- Faites réaliser une évaluation. Pour les sociétés non cotées, la valeur au départ est souvent contestée : une évaluation documentée est indispensable.
- Examinez les options de sursis. Identifiez les garanties, obligations déclaratives ou représentations que votre pays d’origine exige pour un départ aux EAU.
- Planifiez le calendrier. La date à laquelle vous perdez votre résidence détermine la date d’évaluation et parfois les règles applicables.
- Construisez votre position aux EAU. Un visa de résidence, un logement et un Tax Residency Certificate appuient votre affirmation selon laquelle votre résidence a réellement été transférée.
Questions fréquentes
Une exit tax est un impôt sur les plus-values latentes qu’un pays prélève lorsque vous cessez d’être son résident fiscal. Elle traite certains actifs, généralement des actions et des fonds, comme si vous les aviez vendus le jour de votre départ.
L’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique, l’Autriche et le Danemark appliquent une exit tax aux particuliers. Le Royaume-Uni, la Finlande, la Suède et l’Italie n’ont pas d’exit tax générale pour les particuliers, mais recourent à d’autres règles pour continuer à imposer ceux qui partent.
Non. Les EAU n’imposent pas les particuliers à leur départ et n’ont pas d’impôt sur les plus-values des particuliers. L’exit tax est prélevée par le pays que vous quittez, pas par les EAU.
L’exit tax allemande s’applique aux personnes qui détiennent au moins 1 % d’une société de capitaux et ont été pleinement résidentes fiscales en Allemagne pendant au moins sept des douze dernières années. L’impôt peut être payé en sept annuités, généralement contre garantie.
L’exit tax française s’applique si vous avez été résident pendant six des dix dernières années et détenez des titres d’une valeur d’au moins 800 000 euros, ou au moins 50 % des bénéfices d’une société. Les plus-values latentes sont imposées au taux forfaitaire de 31,4 % à partir de 2026.
Non. Le Royaume-Uni n’a pas d’exit tax pour les particuliers. Toutefois, si vous revenez dans les cinq ans, les règles de non-résidence temporaire peuvent imposer certaines plus-values et certains revenus réalisés à l’étranger.
Souvent, mais à des conditions plus strictes qu’au sein de l’UE. L’Allemagne permet sept annuités, les Pays-Bas diffèrent jusqu’à la cession et la France peut exiger des garanties. L’Autriche prélève en général immédiatement pour les départs hors de l’UE ou de l’EEE.
Oui. Avec le nouvel impôt sur les plus-values des actifs financiers en vigueur depuis le 1er janvier 2026, l’expatriation est traitée comme une réalisation présumée des plus-values constituées depuis 2026. Le paiement peut être différé sous conditions et la créance s’éteint si les actifs ne sont pas vendus dans les 24 mois.
Non. La Finlande n’a pas d’exit tax pour les particuliers, mais les citoyens finlandais restent en général résidents fiscaux pendant trois ans après leur départ, sauf s’ils prouvent qu’ils n’ont plus de liens essentiels avec la Finlande.
Commencez par une cartographie complète de vos actifs et une évaluation documentée, vérifiez les seuils et les conditions de sursis, et planifiez la date à laquelle vous perdez votre résidence. Toute restructuration doit être examinée par un conseiller fiscal de votre pays d’origine avant votre départ.
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À propos de la rédaction : La rédaction de Dubai Tax Resident étudie la résidence aux EAU, la création de société et la fiscalité internationale pour les personnes qui quittent l’Europe. Les articles s’appuient sur des sources officielles et sont revus régulièrement.
Avertissement : Cet article fournit des informations générales uniquement et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Les règles d’exit tax sont complexes, évoluent fréquemment et dépendent de votre situation personnelle ; consultez un conseiller qualifié dans votre pays d’origine avant d’agir.
